Sommaire
Le neuvième rapport Copernicus montre que les océans se dérèglent sous l’effet du dérèglement du climat et de l’acidification, mettant en péril le vivant.
La crise planétaire est multiple. Le dérèglement du climat, la chute de la biodiversité, les pollutions multiples menacent notamment leur rôle vital de régulateur du climat.
Des records de température et de montée des eaux
Les informations fournies par ce dernier rapport sont plus qu’inquiétantes. En voici quelques-unes :
- 2024, la température moyenne de surface a franchi le cap des 21 °C. Du jamais vu.
- Les vagues de chaleur marines ont battu les records de 2015 et 2016. Avec 0,25 °C supplémentaires.
- Certaines zones de l’Atlantique ont connu plus de 300 jours de canicule marine sur une année.
- Le niveau des mers grimpe plus vite que jamais. +4,1 mm par an entre 2016 et 2024. Soit un bond de 30 % depuis les années 1990.
On le comprend, aucun écosystème ne peut résister sur le long terme à de telles modifications. Surtout que celles-ci se font très rapidement, trop rapidement pour que les espèces s’adaptent. Avec à la clé un risque certain d’emballement au niveau climatique.
Acidification, pollution plastique et biodiversité en sursis
Les océans absorbent la quasi totalité de l’excès de chaleur lié aux activités humaines. Mais cette absorption a un prix : l’eau devient plus acide. Certaines zones marines riches en biodiversité s’acidifient deux fois plus vite que la moyenne mondiale. Coquilles et squelettes de coraux, huîtres ou moules se fragilisent. Selon Copernicus, 30 % des coraux en danger critique subissent déjà ces conditions extrêmes.
La crise ne se limite pas à la chaleur ou à l’acidification. Le rapport pointe la convergence des pressions : pollution plastique, surpêche, acidification, réchauffement. Plus des trois quarts des pays gros émetteurs de plastiques, sont voisins de récifs coralliens menacés. Ces plastiques se dégradent en microplastiques, aggravés par la chaleur. Ils contaminent toute la chaîne alimentaire.
Des conséquences directes
La santé des océans conditionne celle de l’humanité. La montée des eaux accroît l’érosion côtière. Mais aussi les inondations et le risque de déplacements massifs. Les vagues de chaleur marines bouleversent les écosystèmes. Elles fragilisent également des secteurs économiques clés. Au premier plan la pêche. Celles au thon dans le Pacifique ou au homard en Atlantique Nord sont en grave danger. Les scientifiques soulignent un déséquilibre dangereux du système terrestre. Avec au passage une accentuation des risques pour la stabilité climatique globale.
Le neuvième rapport Copernicus est donc clair : aucun bassin océanique n’est épargné. Les tendances s’accélèrent, et les signaux convergent vers des limites planétaires franchies. Ces données sont bien plus qu’une alerte. Elles sont une base pour rétablir l’équilibre entre l’humanité et l’océan. Il est plus qu’urgent de renforcer les systèmes d’observation, d’agir contre la pollution plastique ou encore de protéger 30 % des zones marines d’ici 2030. L’océan est notre sentinelle. Et sa santé conditionne la nôtre.