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La biodiversité est en déclin un peu partout dans le monde, une étude réalisée au pays de Galles vient le confirmer.
Cette étude, menée par Natural Resources Wales – NRW, met en avant une extinction qui s’accélère partout sur la planète. Elle montre comment l’activité humaine pousse près de 3 000 espèces au bord du gouffre.
Elle rappelle aussi qu’un monde qui perd ses espèces perd sa résilience et sa beauté.
Natural Resources Wales
NRW est l’organisme public chargé de protéger l’air, l’eau, les sols, les forêts, les espèces et les paysages du pays de Galles. Il conseille le gouvernement gallois, gère les sites protégés, collecte des données, et publie des rapports fondés sur une approche scientifique exigeante. Leur rôle : surveiller un patrimoine naturel fragile, construire des politiques publiques solides et maintenir un lien étroit entre recherche, action publique et terrain.
Une crise de la biodiversité qui s’accélère
Le rapport Species in Peril relève près de 3 000 espèces terrestres ou d’eau douce menacées de disparaître. Menacées parce qu’elles ne survivent plus que dans cinq sites ou moins.
Quelques chiffres :
- 11 espèces ont disparu depuis 2000, dont la tourterelle des bois, le papillon belted beauty ou le lichen Thamnolia vermicularis.
- 304 espèces ont disparu du pays de Galles depuis le XIXᵉ siècle.
- 1262 espèces n’existent plus que dans un seul endroit.
- Près de 2017 espèces menacées sont des invertébrés.
- Les habitats forestiers et de lisière concentrent 1 076 espèces menacées, soit un tiers du total.
NRW parle d’une “position précaire” pour la nature galloise, confirmant un déclin d’une ampleur historique.
Une extinction causée par l’activité humaine
Les pressions décrites dans l’étude forment une longue liste, tristement familière :
- intensification agricole,
- pollution de l’air,
- disparition des vieux arbres,
- dérèglement climatique,
- drainage des tourbières,
- artificialisation des sols,
- mauvais état des rivières.
Cette crise est clairement anthropique. Le rapport le dit sans détour : nous avons modifié les forêts, fragmenté les habitats, pollué les eaux et perturbé l’hydrologie des tourbières. Des espèces confinées à des micro-refuges deviennent vulnérables au moindre aléa. Une sécheresse, une coupe rase, une pollution, et toute une espèce peut s’effondrer. Ce n’est plus une “liste rouge locale”. C’est un échantillon de l’effondrement global, dans la même logique que la Liste rouge mondiale de l’UICN : une extinction systémique, diffuse, mais rapide.
Des espèces familières, et d’autres presque invisibles
L’étude présente des visages très différents de cette fragilisation, voire éradication du vivant. Parmi les espèces bien connues : fritillaires, crapauds calamite et encore bien d’autres. Mais la majorité vit loin de notre regard : des mousses, des lichens, des coléoptères spécialisés, des champignons rares … Ces espèces tiennent souvent dans quelques mètres carrés. Un simple entretien maladapté, et elles disparaissent pour toujours.
NRW précise que 56 espèces n’existent au Royaume-Uni qu’au pays de Galles. Leur disparition serait donc une perte nationale et mondiale.
Une extinction mondiale
Ce qui frappe, c’est la convergence entre ce rapport gallois et les grandes évaluations internationales :
- 1 million d’espèces menacées dans le monde – IPBES,
- 75 % des écosystèmes terrestres altérés – COP15 biodiversité,
- 85 % des zones humides détruites – COP15 biodiversité.
Le rapport NRW parle d’un « effort urgent » pour éviter des extinctions en cascade. Le parallèle avec la Liste rouge mondiale de l’UICN est évident : partout, des espèces communes disparaissent. Et des espèces rares subissent une pression insoutenable.
Des solutions modestes… mais décisives
L’espoir existe. NRW rappelle que des actions simples suffisent parfois :
- faucher pour rouvrir des habitats,
- laisser vieillir les arbres,
- réintroduire du bois mort,
- gérer l’eau des tourbières,
- restaurer les dunes,
- protéger les mares,
- renforcer le suivi scientifique.
Autre bonne nouvelle : 75 % des espèces menacées vivent déjà dans des sites protégés. Le pays de Galles dispose donc d’une base solide pour agir immédiatement.
Le pays de Galles vient confirmer ce que tout le monde sait dorénavant. La perte de milliers d’espèces n’est pas une fatalité, mais le résultat direct de nos choix. Et pourtant, la plupart des solutions restent à portée de main, souvent peu coûteuses. Il suffit de redonner de l’espace et du temps à la nature.