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Respirer un air de qualité permet de sauver des vies et d’économiser des milliards, la ville de Paris en est un bon exemple.
Rétablir la qualité de l’air est une urgence sanitaire et économique. Le dernier rapport d’Airparif, publié le 26 septembre, démontre les bénéfices liés à la lutte contre la pollution atmosphérique en Île-de-France.
Des milliards économisés
Sur la dernière décennie, la réduction des particules fines PM2,5 a permis d’éviter une facture sanitaire et sociale de 61 milliards d’euros. Pour seulement 5 milliards d’investissements sur la période. Un euro dépensé a donc rapporté au moins dix euros. Voilà donc le signe d’une politique qui fonctionne. Quelques chiffres qui ne trompent pas non plus :
- 28 milliards d’euros de coût pour la région francilienne par an.
- 2 200 euros : c’est le coût par habitant.
- 90 % de ces coûts correspondent aux décès prématurés et aux maladies chroniques.
On réalise donc des économies en améliorant la qualité de l’air. Au moment où l’Etat français cherche à monter un budget d’austérité, la piste est intéressante.
Moins de victimes
Maladies respiratoires, cardiovasculaires et métaboliques … Les fameuses particules fines (notamment PM2,5) y sont pour beaucoup. Sur la dernière décennie, le nombre de cas médicaux a baissé de 40 % en Île-de-France. 6 000 décès prématurés évités. 10 350 en 2010. Qualité de l’air rime donc avec gain sanitaire. Pourtant, les concentrations actuelles dépassent toujours les seuils de l’OMS.
Des politiques efficaces mais encore insuffisantes
Les progrès sont visibles : en vingt ans, les niveaux de PM2,5 ont chuté de 55 %. Les mesures mises en place ont porté leurs fruits. :
- zones à faibles émissions,
- vignette Crit’Air,
- aides au changement de chauffage
Toutefois, une partie de l’Île-de-France reste encore au-dessus du seuil européen de 10 μg/m³ pour 2030.
Des bénéfices multiples
Lutter contre la pollution atmosphérique a effectivement des bénéfices multiples. Dans de nombreux domaines. La santé, bien entendu. Mais elle réduit aussi les inégalités sociales. Elle améliore la qualité de vie. A en croire Airparif, si la région respectait les valeurs de l’OMS, on éviterait 590 cancers du poumon et 920 infarctus tous les ans. Au-delà de la santé, moins de pollution signifie aussi des bâtiments mieux préservés, des récoltes agricoles plus productives et un climat plus stable.
La prévention rapporte. Elle sauve des vies et évite des milliards de dépenses inutiles. L’exemple francilien le montre : réduire la pollution atmosphérique est un investissement gagnant. Mais la bataille n’est pas terminée. Des efforts supplémentaires seront nécessaires pour respecter les nouvelles normes européennes. Pareil pour respecter les recommandations de l’OMS, il faudra intensifier les efforts. L’ajournement des ZFE en France est donc une bien mauvaise nouvelle du point de vue sanitaire.