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Le Président américain a fait récemment preuve d’un « déni » théorisé et affirmé qui hypothèque l’avenir des générations futures.
En effet, il a traité le réchauffement climatique de « vaste arnaque » devant l’Assemblée générale de l’ONU. Ce mot a fait le tour du monde en quelques heures. Le ton résume une stratégie : nier pour défendre un modèle économique. Enrichir une minorité en faisant payer à la majorité. Assurer des résultats économiques immédiats pour être bien placé pour les prochaines élections en sacrifiant l’avenir.
Le déni comme manœuvre politique
Trump a fait un long discours dispersé et provocateur. Il a rejeté le consensus scientifique et raillé les politiques vertes. Politiquement, nier rassure une base électorale. Economiquement, nier protège des intérêts établis. Mais nier aujourd’hui équivaut à reporter des choix coûteux sur les générations futures. Cette tactique ressemble à une économie de court terme, pure et simple. Une logique qui choque sans doute une partie de la population. Mais une logique qui rassure le socle électoral de son parti. L’Europe lui fera un procès ou le moquera, certainement. Mais que faisons-nous ? Nous acceptons au sein de l’UE un dirigeant qui tient ces mêmes propos et même pires parfois sans réaction réelle ne notre part !
Coûts économiques et handicap stratégique
Plusieurs décisions récentes montrent que les États-Unis se désengagent des cadres climatiques. Ce retrait fragilise l’industrie nationale sur le long terme. Pendant ce temps, le marché mondial de la voiture électrique s’installe. Les Chinois s’accaparent le marché. En 2024, la production mondiale d’électriques a atteint s’approche de 20 millions d’unités. La Chine a produit plus de 12 millions de ces véhicules. En 2025, les ventes ont encore accéléré : la croissance du premier trimestre a dépassé 35%, avec plus de la moitié des ventes concentrées en Chine. Concrètement, affaiblir les règles d’émissions ou torpiller la transition induit une perte de savoir-faire industriel. Les constructeurs et les filières américains perdent en investissement et en marchés.
La Chine investit aussi massivement dans les renouvelables. En 2024, ses investissements dans l’énergie « propre » ont dépassé les 600 milliards de dollars. Elle a atteint ses objectifs 2030 en avance. La capacité solaire installée en Chine explose en 2025. Ce seuil n’est pas symbolique : il traduit une intégration industrielle complète.
Autrement dit, pendant que Washington minimise le dérèglement climatique, Pékin construit l’écosystème de l’économie bas carbone. La chaîne de valeur de l’électrique et des renouvelables se déplace. Ce transfert crée des emplois et des exportations pour la Chine. Et il creuse l’écart technologique.
Une responsabilité démocratique
Remettre en cause la science à la tribune d’une institution mondiale ressemble, à bien des égards, à des postures religieuses d’un autre âge. Il ne s’agit pas seulement d’un débat académique. Il s’agit de vies humaines, d’infrastructures et d’actifs publics. Dire que le dérèglement climatique est une « escroquerie » fédère une stratégie d’évitement. Cette stratégie reporte les dégâts, et parfois les rend irréversibles. La démocratie suppose que les dirigeants rendent des comptes. Lorsqu’un discours public nie une preuve massive, il fragilise le débat public et la capacité d’agir. Ce n’est pas un hasard si on commence à parler de totalitarisme pour qualifier le système politique actuel américain.
Le discours de Trump devant l’ONU n’est donc pas une simple divergence d’opinion ou même un réel déni. C’est une stratégie politique qui externalise coûts et risques vers l’avenir. Pendant que des puissances investissent dans la transition, d’autres reculent. Et elles perdront des parts de marché. Nier aujourd’hui, c’est céder le siècle énergétique à d’autres. C’est choisir la facilité au prix de décennies de retard. Il reste aux citoyens et aux décideurs le devoir d’anticiper et d’exiger des politiques qui protègent l’avenir. Visiblement, c’est mal parti de l’autre côté de l’Atlantique…