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L’UICN le répète pourtant depuis quinze ans : les Solutions fondées sur la Nature – SFN offrent une réponse efficace, souple et durable en réparant les écosystèmes.
Cette réparation permet de faire face aux risques climatiques, aux tensions sur l’eau, et aux catastrophes naturelles. L’année 2025 confirme un tournant décisif. Les décideurs semblent enfin reconnaitre que la technologie ne suffira pas pour affronter la crise climatique.
Et, bonne nouvelle, la France accélère. Les projets se multiplient, les catalogues s’épaississent, et les résultats impressionnent.
Des Solutions fondées sur la Nature
L’UICN définit les SFN comme des actions qui protègent, restaurent ou gèrent durablement des écosystèmes naturels ou modifiés pour répondre à un défi de société, tout en renforçant la biodiversité.
Trois critères guident toute démarche :
- Basée sur les écosystèmes ;
- Répond à un défi sociétal concret ;
- Améliore clairement la biodiversité.
Ainsi, une dune restaurée protège un littoral, stocke du carbone et limite l’érosion. Une zone humide renaturée tempère les crues, recharge les nappes et relance la biodiversité. Le concept « parapluie » agrège plusieurs approches : ingénierie écologique, restauration, gestion adaptative, infrastructures vertes, adaptation et atténuation fondées sur les écosystèmes.
Des solutions indispensables
Les solutions sont nombreuses. Elles doivent répondre à l’urgence climatique mais aussi à l’augmentation des risques naturels.
Une réponse directe à l’urgence climatique
Les écosystèmes stockent du carbone, filtrent l’eau, protègent les sols et amortissent les tempêtes. Pourtant, ils restent sous-mobilisés.
Les tourbières intactes stockent davantage de carbone que les forêts. Les mangroves amortissent la houle et réduisent les dégâts côtiers. Les prairies humides ralentissent les crues.
Les projets montrent des effets concrets :
- Réduction de 30 à 80 % de l’érosion sur des zones végétalisées en baie de Somme.
- Atténuation de la houle grâce aux herbiers marins.
- Plusieurs millions d’euros par an de services écosystémiques fournis par les zones humides littorales françaises.
Ces chiffres montrent un avantage clair : les SFN coûtent souvent moins cher que les ouvrages gris, tout en offrant plusieurs bénéfices simultanés.
Une réponse efficace aux risques naturels
Les dunes limitent la submersion. Les forêts gèrent l’eau et stabilisent les sols. Les zones humides absorbent les crues. L’UICN rappelle que les catastrophes climatiques s’intensifient. Mais aussi que les infrastructures classiques ne suffisent plus. Les SFN deviennent donc un outil stratégique. Elles permettent de réduire l’exposition et l’ampleur des dégâts.
Comment reconnaître une véritable SFN ?
Le Standard mondial de l’UICN propose 8 critères et 28 indicateurs pour orienter les porteurs de projets. Parmi eux :
- bénéfice net pour la biodiversité ;
- gouvernance inclusive ;
- équilibre des compromis ;
- viabilité économique ;
- gestion adaptative.
Cette grille évite les dérives, comme l’usage massif du bois-énergie qui détruit des écosystèmes tout en réduisant leurs capacités de stockage.
Des projets concrets partout en France
Les documents montrent des dizaines projets exemplaires soutenus entre 2004 et 2024. Ils couvrent tous les enjeux : eau, risques naturels, climat, santé, agriculture, biodiversité.
Restaurer les milieux pour libérer leur potentiel
- Lac de Chambly et Hérisson (Jura) : 1,9 M€ pour restaurer le marais, reméandrer la rivière et renforcer la résilience du bassin versant.
- Marais de Tasdon (La Rochelle) : renaturation d’un marais urbain, amélioration du cadre de vie, gestion hydrique, biodiversité renforcée.
- Rivière Sagone (Corse) : effacement de seuils, retour des poissons et des sédiments.
Réduire les risques d’inondation
- Nonette (Seine-et-Marne) : hydraulique douce pour réduire le ruissellement et l’érosion.
- Cernon (Aveyron) : champ d’expansion de crues restauré pour amortir les pluies extrêmes.
Protéger les littoraux
- Dunes du Morbihan et de Somme : gestion végétale, systèmes dune-plage, forte réduction des houles et de l’érosion.
- Mangroves de Martinique et Guadeloupe : restauration pour renforcer la protection contre les tempêtes tropicales.
Renaturer les villes
- Cour d’école en îlot de fraîcheur (Isère) : végétalisation, infiltration des eaux, réduction des îlots de chaleur.
- Parc Jacobsen (Nord) : remise à ciel ouvert d’un ancien canal pour reconnecter l’eau, le sol et la biodiversité urbaine.
Ces exemples montrent une évidence : les SFN résolvent plusieurs problèmes simultanément, là où les solutions classiques agissent souvent sur un seul paramètre.
Une transformation culturelle et politique
Les SFN ne sont pas un gadget. Elles transforment notre manière de planifier, d’aménager et de gérer le territoire. Les politiques publiques françaises l’intègrent désormais dans le Plan Eau, la Stratégie Biodiversité, le Plan d’adaptation climatique, la gestion du trait de côte, ou encore les plans nature en ville. Elles imposent aussi une nouvelle posture : travailler avec les processus naturels plutôt que contre eux.
Les Solutions fondées sur la Nature marquent un retour salutaire à l’évidence : la nature reste notre meilleure alliée. Elles stockent du carbone, protègent nos littoraux, réduisent les crues, filtrent l’eau et améliorent notre santé. Elles le font de manière durable, économique et multifonctionnelle. L’UICN fournit la boussole, les collectivités montrent la voie, et les projets prouvent leur efficacité. Alors, poursuivons ce mouvement. Car chaque dune restaurée, chaque rivière renaturée et chaque zone humide retrouvée renforce notre sécurité climatique. Et, surtout, notre lien vital avec la Terre.