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L’environnement façonne notre santé, il existe un lien vital, existentiel entre la nature, la société et le bien-être des individus.
Chacun des gestes simples de notre vie dépend de la qualité de notre environnement. Or, cet équilibre fragile se dégrade. D’après l’Organisation mondiale de la santé, 24 % des décès dans le monde sont liés à des facteurs environnementaux. Air pollué, eau contaminée, bruit, pesticides … influencent notre santé tout au long de la vie. Les chercheurs parlent désormais d’exposome. Un concept clé pour comprendre l’impact global des milieux. Dérèglement climatique, inégalités sociales, nouvelles menaces sanitaires sont autant de facteurs qui menace la santé. Cette dernière devient alors indissociable de celle de la planète.
Concept d’exposome
Le concept d’exposome nait au début des années 2000. Son créateur s’appelle Christopher Wild, un chercheur britannique. Celui-ci désigne l’ensemble des expositions qu’un individu subit depuis sa conception. Des expositions qui peuvent être chimiques, physiques, biologiques ou sociales . Ce concept est désormais intégré dans la loi française. Il complète l’approche génétique. Environnement et apparition de maladies chroniques sont intimement liés.
Plus de 70 % des décès mondiaux sont dus à ces pathologies : cancers, maladies cardio-vasculaires, diabète – Source OMS. L’exposome révèle que leurs origines ne tiennent pas seulement à nos gènes. Elles sont aussi liées aux multiples expositions cumulées tout au long de la vie. On parle ici d’air pollué, d’alimentation, de bruit, de stress, du travail ou encore des conditions sociales.
En France, le programme France Exposome soutient la recherche sur ces interactions complexes. L’objectif : mieux prévenir plutôt que guérir, grâce à une connaissance fine des risques et à des politiques publiques coordonnées.
Le concept One Health
Les scientifiques parlent désormais de One Health ou « Une seule santé ». Promue par l’OMS, cette approche relie la santé humaine, animale et environnementale. Les zoonoses rappellent cruellement que la dégradation des écosystèmes fragilise notre immunité collective. La crise du Covid-19 nous l’a encore récemment démontré. Plus de la moitié des maladies infectieuses émergentes sont d’origine animale. Quand on protège la biodiversité, on protège la santé humaine. Une approche holistique qui pousse les professionnels à travailler ensemble. On développe des concepts qui proposent une vision intégrée du vivant.
Des inégalités environnementales
Les risques environnementaux ne sont pas répartis équitablement. En Europe, environ 100 millions de personnes vivent encore dans des zones « dangereuses ». Des lieux où pollution, bruit ou insalubrité menacent leur santé. En France, les populations les plus modestes sont souvent les plus exposées aux nuisances. Par exemple dans des logements situés près des axes routiers, avec des sols contaminés, ou avec une absence total d’espaces verts.
Ces inégalités environnementales aggravent les injustices sociales. Les plus fragiles sont touchés en premier : précarité énergétique, maladies respiratoires, stress chronique. L’Observatoire des inégalités rappelle que « les habitants des grandes villes sont plus exposés à de multiples sources de pollution que ceux des petites communes« . Il ajoute : « Pour autant, les habitants des grandes villes ne sont pas les seuls touchés. Sur le millier de communes de plus petite taille qui sont fortement exposées à cinq pollutions, près de 500 sont concentrées dans trois départements : le Nord, le Pas-de-Calais et la Seine-Maritime, des zones fortement marquées par une industrialisation dense et ancienne. Mais aussi par le chômage et la pauvreté.« . La justice environnementale devient alors une urgence démocratique. Garantir à chacun le droit de vivre dans un environnement sain est une priorité.
Le dérèglement climatique
Canicules, sécheresses, inondations … Les effets du réchauffement climatique impactent la santé mondiale. En France, le Haut Conseil pour le climat souligne que « Sur la période 2015-2024, pour le territoire métropolitain, le nombre de jours de vague de chaleur par an a été multiplié par 6« . Provoquant chaque été plusieurs milliers de décès. L’air chaud aggrave les maladies cardiovasculaires et respiratoires. Tandis que les pollens et particules fines augmentent les allergies.
Les catastrophes climatiques forcent des millions de personnes à fuir. Oxfam le dit : « Les projections présentent une progression qui va de 260 millions de réfugiés climatiques en 2030, jusqu’à 1,2 milliards en 2050.« . Ces migrations sont bien souvent internes. Elles mettent en danger les systèmes sociaux et économiques concernés. Ils interrogent notre capacité à anticiper et à protéger les plus vulnérables.
Des politiques publiques à renforcer
La santé environnementale est devenue, dans les textes, une priorité nationale. La France déploie des Plans nationaux santé-environnement – PNSE. Leur but est de :
- réduire les expositions aux polluants améliorer la qualité de l’air intérieur,
- limiter les perturbateurs endocriniens.
Cependant, les indicateurs restent préoccupants. Les émissions de gaz à effet de serre stagnent. L’artificialisation progresse. La biodiversité s’effondre. En 2022, le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a reconnu le droit à un environnement propre, sain et durable. Pour passer de la théorie à la mise en pratique, les défis à relever sont immenses. Pour que ce droit devienne réalité, il faudra des politiques cohérentes. Mais aussi un financement durable, et surtout, une mobilisation citoyenne.
La santé n’est donc plus qu’une affaire de biologie. Mais bien une question de société. Chaque geste de production, de transport ou de consommation pèse sur l’environnement. Et à terme, sur notre organisme. Comprendre ces liens, c’est repenser notre modèle de développement. La santé humaine dépend de la santé des sols, de l’air, de l’eau et du climat. Autrement dit, prendre soin de la planète, c’est aussi améliorer la santé de l’humanité.