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Le dernier rapport scientifique de l’UNCCD est plus qu’inquiétant en avertissant que l’aridité grandissante, partout dans le monde, est un réel défi planétaire.
La planète s’assèche effectivement vite, partout, et de manière durable. Le document analyse l’évolution de l’aridité depuis 1960 et projette son aggravation au siècle prochain.
Les chiffres frappent. Les impacts inquiètent. Et les experts rappellent qu’il devient urgent d’adapter nos sociétés à ce basculement désormais massif.
Une progression massive de l’aridité mondiale
Le rapport montre une tendance nette. Depuis trente ans, plus de trois quarts des terres émergées ont connu un climat plus sec (entre 1991 et 2020, en comparant avec les trois décennies précédentes). Cette progression transforme de vastes régions. Les « drylands » couvrent désormais 40 % des surfaces terrestres. Elles ont gagné 4,3 millions de km² en trente ans. Ce changement correspond à la moitié d’un continent. Les zones concernées forment une mosaïque géante. On les retrouve :
- aux États-Unis,
- en Méditerranée,
- en Afrique,
- au Moyen-Orient,
- en Inde, en Chine,
- en Australie.
C’est partout la même tendance. Avec un climat plus sec, plus chaud, plus exigeant pour les sols et les êtres vivants.
Des milliards de personnes déjà concernées
Ce glissement climatique touche directement les populations. Le rapport montre que plus de 2 milliards de personnes vivent aujourd’hui dans des zones arides. Il y en avait à peine plus d’un milliard il y a trente ans. Le total a donc doublé. La tendance pourrait devenir explosive. Dans le pire scénario climatique, jusqu’à 5 milliards d’habitants vivront dans les drylands en 2100. Deux humains sur cinq seraient alors exposés aux effets de l’aridité. Cette évolution pèse déjà sur de nombreux secteurs :
- eau potable en baisse,
- agriculture fragilisée,
- sols dégradés,
- migration forcée,
- santé menacée par la chaleur et la poussière.
Encore une fois, les plus aisés s’en sortent, les moins favorisés souffrent encore un peu plus, mettant souvent leur vie en jeu.
Des impacts écologiques et agricoles en cascade
L’aridification perturbe la vie des plantes, des sols et des écosystèmes. Le rapport décrit une spirale en trois temps :
- La végétation se contracte.
- Le sol se dégrade.
- L’écosystème bascule vers une forme plus pauvre.
Ces transitions peuvent devenir irréversibles. Elles favorisent aussi les incendies. Mais aussi les tempêtes de poussière et les pertes de biodiversité. Déjà, 40 % des terres agricoles mondiales subissent les effets de l’aridité.
Un avenir plus sec sans réduction d’émissions
Les projections climatiques convergent. Les émissions de gaz à effet de serre restent élevées et devaient encore augmeter dans les décennies à venir. Dans ce cas, 3 % supplémentaires des terres humides deviendront arides d’ici 2100. Ce basculement toucherait surtout :
- le bassin méditerranéen,
- la Corne de l’Afrique,
- l’Asie du Sud,
- le sud-ouest des États-Unis,
- l’Australie,
- la Chine du Nord.
Le rapport conclut que la Terre connaîtra un climat plus sec de manière durable. Il ne s’agit plus de sécheresses ponctuelles, mais d’une transformation lente et permanente.
Des pistes d’adaptation pour limiter les dégâts
Le rapport insiste sur l’urgence d’un changement collectif. Il propose plusieurs pistes :
- améliorer la gestion des sols,
- soutenir les agricultures adaptées à la sécheresse,
- renforcer l’accès à l’eau,
- diffuser les outils de surveillance de l’aridité,
- intégrer les savoirs locaux dans les politiques d’adaptation,
- protéger les populations les plus vulnérables.
Pour les auteurs, l’adaptation devient une nécessité vitale.
Le rapport 2024 de l’UNCCD prévient : l’aridification constitue l’un des grands défis du siècle. Elle progresse vite et dure et menace la sécurité alimentaire, l’eau, la santé, les écosystèmes. Pourtant, encore une fois, des options existent. Elles demandent de la volonté politique, de la coopération internationale et un accompagnement des populations. Sans cela, la Terre de demain sera non seulement plus chaude, mais surtout plus sèche.