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La coopération internationale pendant et à la suite du protocole de Montréal / Kigali a permis de réduire le trou de la couche d’ozone significativement.
Et ce n’est pas une métaphore optimiste sortie d’un cabinet de communication. Les données de Copernicus confirment en 2025 son plus petit et plus court épisode depuis 2019. Ce recul montre que l’humanité peut agir vite quand elle décide d’abandonner des pratiques dangereuses. Cependant, ce succès reste plus simple que la transformation profonde exigée par la sortie des énergies fossiles ou la protection de la biodiversité.
L’ozone en rémission
Le trou d’ozone 2025 a atteint 21 millions de km² en septembre. Ce chiffre reste impressionnant, mais il diminue nettement. En 2023, il culminait à 26 millions de km². Puis, bonne surprise : la fermeture a eu lieu le 1ᵉʳ décembre, soit l’une des dates les plus précoces depuis 2019. La NASA NOAA classe même l’épisode 2025 comme le cinquième plus petit depuis 1992. Et donc, oui, cela va dans le bon sens. Les scientifiques observent maintenant deux années consécutives de trous plus courts et moins persistants. Ils y voient « un signe rassurant ».
Le Protocole de Montréal
Depuis 1987, le Protocole de Montréal et ses amendements, dont Kigali, ont éliminé progressivement les CFC, principaux destructeurs d’ozone et redoutables gaz à effet de serre. Grâce à cette décision mondiale, les émissions d’ODS ont baissé. Leurs effets climatiques auraient même atteint un pic cinq ans plus tôt que prévu – source Scripps Oceanography.
De plus, l’Organisation météorologique mondiale estime que la couche d’ozone pourrait revenir à son niveau de 1980 d’ici au milieu du siècle, selon la latitude. Bref : quand les États coopèrent, les résultats suivent.
Une bataille plus simple à gagner
Il faut le reconnaître : éliminer une poignée de molécules industrielles reste plus facile que transformer totalement nos systèmes énergétiques.
En effet, réformer l’économie pour sortir du pétrole, épargner les écosystèmes ou réduire l’empreinte matérielle mondiale demande une réorganisation systémique.
Le trou d’ozone rappelle néanmoins que le fatalisme ne doit jamais devenir une stratégie. Quand l’humanité arrête d’endommager l’atmosphère, elle la laisse se reconstituer. Quand on arrête les pesticides, les oiseaux reviennent aussi ! Quand on arrête de pêcher sans contrôle, les poissons reviennent. C’est aussi simple que cela. La nature est résiliente, contrairement à nos sociétés. Il reste extrêmement complexe à matérialiser dans nos systèmes capitalistes, libéraux, consuméristes et interconnectés.
Le retour à des trous plus petits ne doit cependant pas faire oublier une séquence étrange. Entre 2020 et 2023, les trous d’ozone sont devenus plus vastes et plus persistants. Les chercheurs évoquaient plusieurs causes :
- un refroidissement de la stratosphère favorisé par le dérèglement climatique,
- des dynamiques atmosphériques inhabituelles,
- surtout l’éruption du Hunga Tonga en 2022, qui a injecté de grandes quantités d’eau et d’aérosols dans la stratosphère.
Ces perturbations rappellent que même en phase de guérison, la couche d’ozone reste vulnérable. Les mesures effectuées journalièrement et les outils utilisés montrent que le trou 2025 a été plus petit, moins déficitaire et plus irrégulier, signe de vents stratosphériques moins intenses.
Le recul du trou d’ozone montre que l’humanité peut réparer une erreur collective quand elle en fait une priorité. Cependant, ce succès n’efface ni la menace climatique ni l’effondrement du vivant. Transformer l’économie mondiale, réduire la dépendance aux fossiles ou restaurer les écosystèmes exige un courage politique bien plus grand que l’abandon des CFC. Quand nous voulons, nous pouvons.