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Global Energy Monitor vient de sortir un rapport qui montre que miser sur le nucléaire ne permettra pas de sauver le climat et que les énergies renouvelables sont en train de prendre le dessus.
En effet, globalement, le nucléaire est en perte de vitesse, trop cher, trop long à construire. Par contre le solaire et l’éolien s’envolent.
Un rapport qui a le mérite de faire réfléchir sur les trajectoires proposées par nos politiques afin de lutter contre le dérèglement climatique.
Le nucléaire perd du terrain
Dans le monde, on a annulé près de 40 % des projets nucléaires annoncés. Cela représente 566 gigawatts. C’est davantage que la capacité nucléaire actuellement en service (401 GW). En Europe, la situation illustre ce recul. 122 GW de projets nucléaires ont été annulés, l’équivalent de plus que tout le parc en activité d’un pays comme les États-Unis. À cela s’ajoutent 68 GW mis hors service, tandis que 90 % des réacteurs européens ont plus de 35 ans. Les nouveaux projets peinent à compenser. En septembre 2025, l’Europe compte 157 GW opérationnels, mais les mises à l’arrêt se poursuivent.
Des chantiers interminables et coûteux
Les retards minent les rares projets en cours. En Finlande, le réacteur Olkiluoto 3 a nécessité 17 ans avant de produire son premier kilowatt. La tranche 4, elle, a été annulée. En France, Flamanville 3 affiche plus de dix ans de retard. Sans parler d’un surcoût (sept fois plus cher que prévu)! Le Royaume-Uni vit la même mésaventure avec Hinkley Point C. Tous utilisent le fameux EPR, une technologie complexe et mal standardisée. Sur la petite dizaine de gigawatts en construction en Europe, la plupart remplacent seulement des unités vieillissantes au lieu d’augmenter la capacité totale.
Le vent et le soleil creusent l’écart
Pendant ce temps, l’éolien et le solaire avancent à grande vitesse. L’Europe construit ou prépare déjà plus de 600 GW de projets, soit quatorze fois plus que le nucléaire. Leurs délais raccourcis (entre un et quatre ans) contrastent avec les dix à quinze ans nécessaires pour une centrale nucléaire.
Mi-2025, l’Union européenne a franchi un cap symbolique : la part du solaire (22,1 %) a dépassé celle du nucléaire (21,8 %) dans sa production électrique. Et la dynamique continue, portée par la baisse des coûts et l’essor du stockage. Les batteries devraient passer de 22 GWh en 2024 à 120 GWh en 2029. L’hydroélectricité par pompage reste également une solution robuste de stockage.
Australie : un moratoire confirmé
En Australie, l’atome ne trouve pas sa place. Le pays prévoit de fermer toutes ses centrales à charbon d’ici 2038, mais son moratoire nucléaire demeure. Construire une centrale prendrait environ 13 ans, un délai incompatible avec cette échéance. Le gouvernement vise une réduction de plus de 40 % ses émissions d’ici 2030. Cet objectif est jugé atteignable grâce aux renouvelables et au stockage. Il est surtout bien plus rapide et compétitif que le nucléaire.
Le rapport de GEM tranche sans ambiguïté: le nucléaire ne pourra pas tenir la promesse d’une décarbonation rapide. Ses coûts montent, ses délais explosent, ses projets tombent. À l’inverse, l’éolien et le solaire accélèrent, s’imposent et livrent déjà des résultats. Pour tenir la trajectoire de +1,5 °C, le climat ne pourra attendre la construction de nouvelles centrales, une évidence.