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Electrifier les usages en France ne relève plus du slogan, mais d’une stratégie industrielle, climatique et sociale qui permettra de sortir de la dépendances aux énergies fossiles.
Désormais cet objectif est explicitement posé sur la table. Dans un contexte de SNBC 3 et de PPE 3 encore fragiles politiquement, l’Union Française de l’Électricité publie un plan structuré, chiffré et opérationnel.
Son message reste clair : sans électrification massive et pilotée, la transition énergétique française restera hors d’atteinte.
L’Union Française de l’Électricité
L’Union Française de l’Électricité fédère plus de 500 entreprises. Soit plus de 300 000 emplois directs et indirects. Des emplois qui vont des producteurs aux réseaux, jusqu’aux services d’efficacité énergétique. L’UFE remplit plusieurs rôles :
- acteur industriel,
- force de proposition,
- interface avec les pouvoirs publics, en France comme en Europe.
Son objectif demeure constant : faire de l’électricité bas-carbone un levier de souveraineté. Mais aussi de compétitivité et de pouvoir d’achat.
L’électrification devient l’axe central
Aujourd’hui, l’électricité , ce n’est encore qu’une part insuffisante des usages finaux. Pourtant, les trajectoires officielles définit des objectifs clairs. A l’horizon 2030, les chiffres devraient en théorie être les suivants :
- 15 % du parc roulant électrique. Contre 4 % aujourd’hui,
- 8,8 millions de pompes à chaleur. Contre 6,5 millions actuellement,
- 47 % d’électricité dans l’énergie industrielle. Contre 37 % aujourd’hui.
Selon RTE, une électrification rapide permettrait aussi de réduire le coût du système électrique. On passerait de 6 à 7 €/MWh d’ici 2030. Cela grâce à une meilleure optimisation des infrastructures.
Dix piliers pour une stratégie cohérente
Le rapport de l’UFE repose sur 10 piliers structurants, conçus comme une architecture complète et progressive :
- Réenchanter l’électricité : via une communication nationale et une gouvernance renforcée.
- Mettre l’électrification à portée de clic : grâce à une plateforme unique d’information et d’aides.
- Rendre l’électricité compétitive : en rééquilibrant fiscalité et aides face aux fossiles.
- Faciliter le financement pour tous : notamment via des contrats de passage à l’électrique.
- Faire de l’électricité bas-carbone un levier industriel : avec un guichet unique pour les industriels.
- Installer la mobilité électrique comme référence : du permis de conduire aux flottes lourdes.
- Rénover et électrifier le bâtiment : en planifiant massivement les pompes à chaleur.
- Faire de l’État et des territoires des acteurs exemplaires : par obligation et exemplarité.
- Former et accompagner les professionnels : pour lever les freins techniques et culturels.
- Mobiliser sciences et innovation : de l’enseignement aux hackathons industriels (regroupements autour d’un projet).
Ensemble, ces dix piliers dessinent une architecture complète, où gouvernance, financement, industrie et usages avancent enfin de concert.
Surtout, l’UFE montre que l’électrification ne peut réussir ni par injonction, ni par empilement de mesures dispersées.
Plus de cinquante propositions concrètes
Au-delà des principes, l’UFE détaille plus de 50 mesures opérationnelles, souvent à coût public modéré. Parmi les plus structurantes :
- une campagne nationale “2026, année de l’électrification” ;
- une “loi Evin anti-fossiles” pour réduire la publicité des technologies carbonées ;
- une parité de prix organisée entre solutions électriques et fossiles ;
- un leasing social pour véhicules électriques et pompes à chaleur ;
- un compte d’affectation spéciale électrification, fléché vers les ménages modestes ;
- une incitation climat des entreprises qui organisent, achètent ou imposent des prestations de transport de marchandises, pour électrifier le fret.
L’ensemble vise une logique simple : rendre l’électrique évident, accessible et économiquement rationnel.
Une électrification aussi sociale qu’industrielle
Le rapport insiste sur un point souvent négligé : l’électrification mal pensée accentue les inégalités. D’où l’importance des aides combinées, des parcours progressifs et des offres intégrées. L’UFE défend ainsi l’émergence de “ménages 100 % électrique”, sans explosion du reste à charge.
Cette approche relie climat, emploi local, balance commerciale et justice sociale.
Le Plan d’électrification des usages de l’UFE tranche avec les stratégies floues et fragmentées. Il propose une feuille de route réaliste, chiffrée et pilotable, alignée avec les objectifs climatiques français. Surtout, il rappelle une évidence trop souvent contournée : la décarbonation passe d’abord par l’électrification. Reste désormais une question politique centrale : l’État acceptera-t-il d’en faire enfin un vrai cap stratégique ?