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En 2025, la croissance dans le monde ignore encore les limites planétaires. En effet, l’humanité consomme plus de deux fois la quantité d’énergie et de matériaux nécessaire pour offrir une vie décente à tous.
Pourtant, près de la moitié des pays manque de ces ressources. Les pays les plus riches continuent de croître sans limite. Les plus pauvres stagnent, voire régressent. Cette dynamique compromet sérieusement les objectifs climatiques.
Une équipe internationale a produit une étude qui étudie les empreintes énergétiques et matérielles de plus de 150 pays. La conclusion est sans appel : la croissance de la consommation ne va pas là où elle devrait.
Un paradoxe énergétique mondial
D’un côté, des pays comme le Luxembourg, les Emirats, le Canada ou les États-Unis dépassent les 200 gigajoules d’énergie finale par habitant chaque année. De l’autre, l’Ouganda et les Malawi plafonnent à 3 gigajoules. Or, le seuil minimum pour une vie décente tourne autour d’une vingtaine de gigajoules. Plus inquiétant encore, la moitié des pays étudiés restent en dessous de ce seuil, même en tenant compte des inégalités internes. Dans ces pays, la croissance énergétique est trop lente. Au rythme actuel, l’Inde atteindra ce seuil vers 2050, l’Éthiopie seulement vers la fin du siècle!
À l’inverse, les pays déjà en excès continuent d’augmenter leur consommation. Et ceci à un rythme quatre fois plus rapide que ceux en déficit. Une aberration à l’heure où chaque gigajoule superflu pèse sur le climat.
Ressources : la même fracture
Même scénario pour les matériaux. Le seuil de consommation permettant de garantir des standards de vie décents est estimé à un peu moins de 5 tonnes par personne et par an. Mais la moyenne mondiale dépasse déjà les 12 tonnes. Le Qatar culmine à 70 tonnes. L’Afghanistan, le Liberia ou le Burundi en utilisent moins de 2. Là encore, un peu moins de la moitié des pays se situent sous le seuil requis. Leurs taux de croissance sont trop faibles pour espérer une convergence d’ici 2100. En revanche, 80 % des pays déjà en excès augmentent encore leur empreinte matérielle. Une spirale qui nous éloigne d’un monde juste et durable.
Inégalités internes : le levier oublié
La répartition au sein de chaque pays aggrave encore la situation. Les 10 % les plus riches consomment souvent trois fois plus d’énergie que mêmes plus pauvres. Or, ce déséquilibre oblige à produire plus pour atteindre un seuil de bien-être collectif. Pourtant, une meilleure répartition pourrait suffire. Si quelques pays réduisaient leur consommation de ressources et d’énergie, un petite quinzaine de pays sortiraient instantanément du déficit énergétique. Une autre comblerait son retard matériel. Ainsi, pour de nombreux pays, une réduction des inégalités vaut bien une croissance supplémentaire.
Convergence ou divergence ?
Si rien ne change, un cinquième des pays resteront en déficit énergétique en 2100. Et un peu plus de 10% connaîtront un manque de matériaux. Même en cas de redistribution plus équitable, ces chiffres ne descendent que de quelques points. À l’échelle globale, la convergence entre Nord et Sud ne surviendra pas avant un siècle pour l’énergie, et 50 ans pour les matériaux. Un délai incompatible avec les objectifs de l’Accord de Paris. Par exempe, le Royaume-Uni réduit son empreinte énergétique. Mais au rythme actuel, il faudra plus de 100 ans pour que la plupart des pays le rejoignent! Insuffisant.
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Il est encore possible d’assurer une vie décente à tous, avec moins de ressources qu’aujourd’hui. Mais cela exige des choix courageux. Les pays riches doivent freiner leur surconsommation. Les pays pauvres doivent pouvoir croître plus vite. Et tous doivent redistribuer équitablement ce qu’ils ont. Politiques industrielles, investissements publics, taxation progressive, infrastructures sobres : les outils existent. Il ne manque plus qu’une volonté commune. Car plus que jamais, l’avenir repose sur une vérité simple : le partage, pas l’accumulation.