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L’idée d’éclaircir les nuages bas au-dessus des océans en y injectant de fines particules de sel marin pour réfléchir davantage de lumière solaire vers l’espace et ainsi rafraîchir la Terre fonctionne mais pas sans effets secondaires, notamment sur la couche d’ozone.
Une nouvelle étude menée par la NOAA – National Oceanic and Atmospheric Administration sème effectivement le doute.
Derrière cet « espoir » technologique, se cache un risque pour la couche d’ozone. Ce précieux bouclier qui protège les êtres vivants des rayons UV avait déjà été mis à mal dans les années 70.
Une technique moins intrusive… en apparence
Le MCB est une technique de géo-ingéniérie utilisée pour lutter contre le réchauffement climatique. Contrairement à l’injection d’aérosols stratosphériques – SAI qui consiste à disperser des particules jusqu’à 25 km d’altitude, le MCB agit bien plus bas (entre 0 et 3 km). Cela semblait alors moins risqué pour l’atmosphère. Evidemment non, notamment du fait d’interconnexions complexes entre les couches atmosphériques.
Les chercheurs du NOAA ont simulé un scénario de réchauffement climatique sévère, puis introduit un déploiement massif du MCB. Le résultat est un refroidissement en surface, certes, mais aussi une cascade de réactions physiques et chimiques… jusque dans la stratosphère et la couche d’ozone qui est en pleine reconstitution. On estime que le rétablissement total se produira d’ici 40 ou 50 ans.
Le Protocole de Montréal : un succès planétaire pour l’ozone
Dans les années 1980, une menace apparaît : la couche d’ozone disparait, notamment aux pôles et met en danger le vivant. Les chlorofluorocarbures, ou CFC, s’échappent des réfrigérateurs, climatiseurs, bombes aérosols ou solvants industriels. Les halons, eux, utilisés comme gaz extincteurs, aggravent aussi les dégâts. Tous deux sont stables, inodores… et destructeurs de l’ozone stratosphérique. 24 pays et la Communauté économique européenne signent, en 1987, un traité international historique :
le Protocole de Montréal. Ce texte interdit progressivement les substances les plus nocives pour la couche d’ozone.
Aujourd’hui, tous les États de la planète ont ratifié l’accord. C’est l’un des rares exemples d’un consensus mondial efficace en matière environnementale. En 2016, lors de la conférence de Kigali, 150 pays franchissent une nouvelle étape.
Ils s’accordent pour éliminer les hydrofluorocarbures des climatiseurs et réfrigérateurs. Ces gaz, certes non destructeurs de l’ozone, sont de puissants gaz à effet de serre.
Des réactions en chaîne
Les effets du MCB sur l’ozone sont contrastés selon les régions :
- Dans les tropiques, le MCB a entraîné une augmentation de l’ozone total jusqu’à +5 %. Cette hausse serait due à une production accrue d’oxydes d’azote.
- Dans l’hémisphère Nord, l’étude observe une baisse de l’ozone total d’environ 3 % en hiver et au printemps.
- Dans l’hémisphère Sud, moins d’ozone aux moyennes latitudes, mais plus au-dessus de l’Antarctique. Cela limite les réactions chimiques destructrices à l’origine du trou saisonnier.
Modifier la température de surface, même légèrement, bouscule tout l’équilibre atmosphérique. Le refroidissement induit par le MCB change notamment la circulation des vents et la structure thermique de la troposphère où se trouve une partie de l’ozone.
Autre surprise signalée dans l’étude : un refroidissement de type La Niña dans le Pacifique Est, lui-même responsable de perturbations supplémentaires. Ce phénomène renforce encore les déséquilibres dynamiques de l’atmosphère.
Un outil expérimental encore embryonnaire
À ce jour, le MCB n’a pas été testé à grande échelle. Heureusement peut-on dire. L’étude du 25 juin ne juge ni la pertinence, ni l’efficacité du MCB. Elle rappelle surtout que l’atmosphère est un système globalement interconnecté, et qu’on ne peut en modifier une partie sans effets en cascade ailleurs.
Face à l’urgence climatique, la tentation de recourir à la géo-ingénierie grandit.
Pour autant, la prudence doit rester la boussole et la sobriété un objectif. Encore une fois, la technologie peut nous aider mais ne nous sauvera pas. Elle peut même devenir un péril si nous ne la contrôlons pas. Le MCB pourrait aider à refroidir la planète, mais au prix d’incertitudes majeures sur la chimie atmosphérique et la santé de la couche d’ozone. Le message est clair : toute solution climatique doit être pensée à l’échelle du système Terre. En tenant compte de cette complexité des interactions que nous serons incapables de maîtriser.