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Le recours au charbon devait plafonner voire diminuer et pourtant, ce charbon énergie, notamment, bat pourtant un nouveau record en 2025.
Malgré l’urgence climatique, l’humanité brûlera plus de charbon que jamais. C’est ce que démontre le dernier rapport de l’IEA :
Un paradoxe énergétique qui résume bien l’état du monde. Un monde pris entre sécurité électrique, inerties industrielles et transitions incomplètes.
2025, l’année du sommet historique
La consommation mondiale de charbon atteint un record absolu en 2025. Avec près de 9 milliards de tonnes, la hausse reste modérée, +0,5 % par rapport à 2024. Mais elle contredit les espoirs d’un recul rapide. Ce niveau s’explique d’abord par l’électricité. Deux tiers du charbon mondial servent encore à produire du courant, notamment en Asie. Le reste est utilisé principalement par la sidérurgie, la cimenterie, la chimie et encore pour du chauffage collectif ou résidentiel dans certaines régions d’Asie et d’Europe de l’Est. En parallèle, 2025 figure parmi les années les plus chaudes jamais observées, ce qui renforce la demande électrique mondiale. Le charbon demeure ainsi la première source d’émissions de CO₂ d’origine humaine, malgré son image de combustible du passé.
Un plateau mondial, mais pas une sortie rapide
Selon l’IEA, la demande mondiale a atteint un plateau. Sans pour autant amorcer une chute franche. D’ici 2030, la consommation mondiale devrait revenir au niveau de 2023. Ce qui représenterait une baisse modérée d’environ 3 %.
Cette inflexion repose sur plusieurs dynamiques convergentes. Les capacités renouvelables explosent, le nucléaire progresse, et une vague massive de gaz naturel liquéfié arrive sur les marchés. La production électrique à partir de charbon devrait commencer à reculer dès 2026.
Cependant, l’industrie résiste. Le charbon reste difficile à substituer dans le ciment, l’acier ou la chimie, ce qui freine la baisse globale.
Chine, Inde, États-Unis : trajectoires divergentes
La Chine absorbe à elle seule 56 % du charbon mondial. En 2025, sa consommation stagne, malgré une expansion record de l’éolien et du solaire.
Le charbon chinois change de rôle : moins de base, plus de flexibilité pour stabiliser les réseaux. En Chine, le charbon ne sert plus d’abord à produire en continu, jour et nuit. Il sert de plus en plus à compenser les variations de l’éolien et du solaire, en démarrant vite quand le vent tombe ou que le soleil disparaît.
L’Inde, moteur historique de la croissance, connaît une pause exceptionnelle. Une mousson précoce et intense réduit la demande électrique. Mais sur la décennie, l’Inde devrait ajouter plus de 200 millions de tonnes de charbon d’ici 2030.
Aux États-Unis, le charbon rebondit. La hausse des prix du gaz et des politiques pro-fossiles freinent les fermetures de centrales.
L’Europe ralentit sa chute
Dans l’Union européenne, la décrue marque le pas. La consommation de charbon ne baisse que de 3 % en 2025, après moins 18 % en moyenne en 2023 et 2024. La cause reste conjoncturelle. Une faible production hydroélectrique et éolienne au premier semestre relance temporairement les centrales à charbon. Structurellement, la tendance demeure claire : le charbon sort progressivement du mix européen.
Sa part dans la production électrique mondiale illustre ce déclin lent mais réel. Elle passe de 41 % en 2013 à environ 34 % en 2025, un plus bas historique pour l’IEA.
Un avenir incertain
Pour l’IEA, l’ère de la croissance du charbon touche à sa fin. Mais la trajectoire reste fragile. Si l’intégration des renouvelables ralentit, ou si des aléas climatiques se multiplient, la demande pourrait dépasser les prévisions. Le charbon devient alors une assurance énergétique, utilisée lorsque les systèmes électriques manquent de flexibilité. Les investisseurs sont prévenus. Le charbon ne disparaît pas encore, mais son avenir repose désormais sur des paris de court terme.
Le charbon atteint donc son sommet au pire moment climatique. Il incarne l’inertie d’un système énergétique mondial encore dépendant des solutions du passé. Le message envoyé aux populations est catastrophique. Les conséquences sur l’environnement et la santé le sont tout autant. Le déclin annoncé existe, mais il reste lent, inégal, et profondément politique.