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Quand on pense à Jane Goodall, on pense immédiatement aux chimpanzés avec qui elle a vécu, faisant changer le regard d’une partie de l’humanité sur la vie animale.
Jane Goodall vient de s’éteindre à 91 ans. Le monde perd une scientifique majeure et une voix morale. Elle laisse une œuvre et une promesse d’action, notamment pour la cause animale.
D’un rêve d’enfance à Gombe
Elle naît à Londres en 1934. Elle rêve d’Afrique, d’animaux, de carnets de notes. En 1957, elle part au Kenya puis en Tanzanie pour observer les chimpanzés sauvages.
Nous sommes en 1960, à Gombe. La jeune Anglaise invente une éthologie de terrain, patiente, précise, incarnée. Elle nomme les individus et raconte des histoires vraies. A ce sujet, France Inter a réalisé une série de 2 épisodes sur la vie et l’oeuvre de Jane Goodall.
La découverte qui bouleverse la science
Un matin, David Greybeard, le chimpanzé préféré du Dr Jane Goodall, surtout le premier à lui faire confiance « pêche » des termites avec une brindille. Jane comprend. Les chimpanzés fabriquent et utilisent des outils. L’outil n’est plus l’apanage humain. La frontière recule. La science change. Jane Goodall déclarera « «Il avait transformé une brindille en canne à pêche à termites après avoir retiré précautionneusement toutes les feuilles ! Or, la fabrication des outils était considérée comme un trait humain censé nous distinguer du règne animal. J’ai regardé la scène avec incrédulité, partagée entre la surprise et l’euphorie. » – (Source Liberation.fr)
De l’éthologue à l’alerte globale
Elle fonde le Jane Goodall Institute en 1977. Elle lance Roots & Shoots en 1991. Le programme agit aujourd’hui dans plus de 60 pays. Des milliers de jeunes y mènent des projets concrets. La relève existe donc, partout. En 1986, elle quitte la forêt pour le monde. Elle devient ambassadrice infatigable de la faune sauvage. Tenace, elle dénonce la déforestation, le trafic d’animaux, la crise climatique. Elle parle d’éthique, d’empathie, d’espérance active. Les salles l’écoutent, puis agissent. Son message reste simple : tête et cœur, ensemble.
Jane Goodall soutient les sanctuaires pour orphelins. Elle dialogue avec les politiques et les industriels, sans naïveté. Elle appuie la fin des tests invasifs sur les chimpanzés. L’NIH y met fin en 2015, puis retire tous ses chimpanzés. Chimp Haven les accueille progressivement. L’impact militant devient mesurable.
Un héritage vivant
Jane Goodhall montre des sociétés complexes, des émotions fines, des cultures animales. Elle prouve que nos « cousins » comptent. Par ricochet, notre humanité se redéfinit. La primatologie s’ouvre aux femmes, aux récits, aux longues séries d’observations. La science gagne en justesse, et en humilité.
Son institut poursuit la recherche à Gombe et la conservation communautaire. Roots & Shoots forme des citoyens lucides et bienveillants. Ainsi, l’hommage devient action. Les jeunes plantent, réparent, relient. Le vivant respire un peu mieux. L’histoire continue sans elle, mais grâce à elle.
Jane Goodall nous lègue une méthode, des histoires, une vision et une boussole. Observer longuement, relier les faits, puis agir ensemble. Elle a rapproché l’humain du vivant. Elle a transformé une intuition d’enfant en révolution scientifique. Et puisqu’elle nous l’a appris, répétons-le aujourd’hui : l’espoir se trouve dans l’action.