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Depuis dix ans, peu d’associations ont autant bousculé les lignes que Notre Affaire à Tous qui a choisi le droit comme levier de défense du vivant.
Cette ONG française agit avec détermination pour contrer la triple crise du siècle : climat, biodiversité, pollution. Elle avance avec une conviction simple et pourtant révolutionnaire : la justice climatique fonde l’État de droit. Et ce combat, urgent et global, engage chacun de nous.
Une ONG pas comme les autres
Lancée en 2015 par neuf fondateurs engagés, Notre Affaire à Tous fait du droit un outil stratégique. Elle veut créer de nouvelles responsabilités environnementales, afin que les pollueurs répondent enfin de leurs actes. L’association agit, car personne aujourd’hui ne doit rendre des comptes pour la dégradation systémique de l’environnement. Ni certaines entreprises fortement polluantes. Ni des pouvoirs publics pourtant chargés de protéger les populations.
Elle poursuit trois objectifs majeurs. D’abord établir un véritable droit de la nature. Ensuite protéger les victimes du dérèglement climatique. Enfin construire une justice économique et sociale cohérente avec les limites planétaires. L’association rappelle ainsi que les crises environnementales menacent déjà nos droits sociaux les plus basiques.
Cette vision réunit juristes, avocats et magistrats, tous spécialistes du droit français, européen et international. Leur mission reste claire : repousser les frontières du droit pour défendre le vivant.
Des recours qui changent l’histoire
Notre Affaire à Tous s’impose dans le paysage judiciaire grâce à ses actions emblématiques. L’Affaire du Siècle constitue le symbole majeur de cette dynamique. Le recours a conduit à la condamnation de l’État français pour carence climatique, une première historique.
Depuis, l’association multiplie les dossiers à fort impact. Elle porte des actions contre l’inaction des pouvoirs publics avec Justice pour le Vivant ou Soif de Justice, et affronte l’impunité de multinationales et de grandes banques. Elle a aussi investi des batailles émergentes comme les PFAS, les droits de la nature, les inégalités climatiques, ou la notion d’écocide.
Ces combats s’enracinent dans une dynamique mondiale. Les contentieux climatiques explosent. Partout, des citoyens contestent l’insuffisance des politiques d’atténuation. Notre Affaire à Tous collabore avec Urgenda aux Pays-Bas, ClientEarth aux Royaume-Uni, Our Children’s Trust aux États-Unis … Cette constellation internationale amplifie chaque victoire et rend visible un message essentiel : la justice climatique n’est plus un luxe moral, mais une obligation.
Le procès pour la part juste
Le 4 décembre 2025, juste après une COP30 jugée insuffisante, l’association lance un nouveau recours majeur : le “Procès pour la Part Juste”. Elle demande au Conseil d’État de reconnaître que la France ne respecte pas sa contribution équitable à l’effort climatique mondial. En effet, en 2024, les émissions françaises ont diminué de seulement 1,8%, alors que la cible annuelle exige environ 5%. Les premières estimations pour 2025 annoncent une chute de 0,8% seulement, malgré les engagements européens fixés par le paquet Fit for 55. Dans le même temps, les puits de carbone s’effondrent, rendant la neutralité carbone encore plus incertaine.
Le recours s’appuie sur des bases juridiques solides : la décision de la CEDH des Aînées suisses pour le climat, l’avis consultatif de la CIJ en 2025, et les nouveaux objectifs européens. Il introduit aussi une notion essentielle : l’équité. La France doit réduire davantage que d’autres pays, car elle a un niveau de développement élevé et un impact historique considérable. L’analyse du budget carbone montre que la France a déjà consommé presque toute sa “part juste” compatible avec la limite de 1,5°C.
Pour l’association, la France peut pourtant agir. Elle peut réduire plus vite ses émissions territoriales, diminuer ses émissions importées, mieux encadrer ses multinationales et contribuer davantage aux financements internationaux. On ne peut que le répéter : renforcer les politiques publiques existantes relancerait immédiatement la baisse des émissions.
Solidarité, droit et démocratie
Notre Affaire à Tous fédère aujourd’hui un réseau de citoyennes et citoyens mobilisés, dont l’engagement permet d’ouvrir des brèches dans un droit encore trop timide. L’association agit pour établir un système démocratique plus protecteur du Vivant. Elle combat les mégaprojets destructeurs souvent justifiés par l’argument fallacieux du développement économique.
Elle incarne une génération décidée à défendre la planète. Son Manifeste l’affirme : solidarité, courage, action, et refus de l’injustice environnementale structurent son identité. Ses campagnes de sensibilisation, ses formations et ses actions locales élargissent continuellement le cercle des mobilisations. Grâce aux dons, l’association finance enquêtes, expertises, conseils juridiques et mobilisations de terrain. Chaque victoire, même modeste, consolide l’idée d’une justice climatique possible.
Notre Affaire à Tous transforme les tribunaux en lieux de vérité. Elle rappelle sans relâche que la dégradation de l’environnement n’est pas une fatalité. Elle montre qu’une démocratie vivante doit protéger le climat, les droits humains et la nature avec la même détermination. Et elle prouve que le droit peut devenir un formidable outil d’émancipation quand une société refuse la résignation.
Dans un monde où l’inaction coûte déjà très cher, cette ONG ouvre des voies que beaucoup croyaient impossibles. Elle agit là où les politiques tergiversent et elle informe quand les responsables minimisent. Elle protège quand les plus vulnérables souffrent. En somme, elle fait exactement ce que son nom promet : défendre l’affaire de tous.