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Etre écolo et utiliser l’IA générative telle Mistral AI ou ChatGPT fascine par sa puissance mais inquiète tout autant du fait de son évolution exponentielle.
Elle promet ainsi des textes, des images, des musiques en un clic. Pourtant, derrière ses aspects magiques se cache un coût environnemental et énergétique énorme. Des risques réels, souvent minimisés par les concepteurs.
Une réflexion bien venue
Il y a peu, suite à une discussion « arrosée », j’ai été contraint de me questionner sur mon propre usage de l’IA générative. En effet, lorsque j’ai expliqué que j’utilisais parfois l’IA pour corriger mes textes ou les traduire (voire même parfois pour les réorganiser), on m’a tout de suite renvoyé : « Ecolo, tu parles … et tu utilises l’IA … tu sais combien ça pompe tout ça ?« .
Alors, effectivement, il est vrai que dans la nouvelle version du site, j’avais déjà éliminé toutes générations d’images ou de vidéos avec l’IA. Trop gourmandes. Je n’utilise plus non plus la génération de texte, si ce n’est pour trier des données d’un rapport. Dans l’ancienne version dont j’ai recyclé certains articles jusqu’au mois de mai, j’avais recours à cette génération de texte. Mais le résultat était bien souvent fade et redondant, voire même approximatif. Et énergivore aussi.
Je suis donc parti du principe que je devais réduire au minimum mon usage de l’IA générative. Force est alors de constater que dans les domaines de la traduction ou de la correction, ces algorithmes sont imbattables. Je ne suis pas prêt à supprimer ces 2 services … sauf à laisser tomber la rédaction d’articles car je suis loin de la perfection totale en anglais ou en orthographe. Alors, avant de conclure et de déclarer que mon usage est raisonnable, voici quelques arguments pour ou contre l’usage de l’IA générative.
Pourquoi limiter l’usage ?
Plusieurs articles du site mentionnent les dangers d’un développement incontrôlé de l’IA (pas que générative). Consommation d’eau excessive, émissions de GES substantielles ou encore consommation électrique phénoménale sont autant de handicaps. Voici 10 points négatifs :
La désinformation à grande échelle
L’IA génère effectivement du contenu. Beaucoup de contenu. Trop, parfois. Des fake news crédibles ? Un jeu d’enfant. Les deepfakes envahissent les réseaux. Qui croira encore les images demain ? Les algorithmes ne vérifient rien. Ils inventent, extrapolent, déforment à partir de données existantes, données non vérifiées bien souvent. Un danger pour la démocratie. Un terreau fertile pour les manipulateurs : on le voit avec les tentatives d’influences réalisées par certains pays hostiles.
Difficile de distinguer le vrai du faux. En effet, l’impératif travail de vérification prend beaucoup de temps. Dans un monde de l’immédiateté et du refus de la frustration, celui-ci est rarement effectué. Avec la diffusion sur les réseaux qui font circuler en boucle des informations allant toutes dans la même direction en fonction de votre profil, c’est l’assurance d’une désinformation à grande échelle.
La fin de la création humaine ?
Les artistes, les écrivains, les musiciens s’inquiètent aussi pour des raisons professionnelles. À juste titre. L’IA copie, mélange, recycle. Mais crée-t-elle vraiment ? Pour être honnête, j’ai déjà entendu des productions bluffantes. Mais globalement, on peut constater que les styles s’uniformisent. Pareil, les idées s’appauvrissent. Puis, la singularité humaine se noie dans la masse. On peut réellement avoir peur d’un monde où tout se ressemble. Or, la culture a besoin d’émotions, d’imperfections, de folies.
Malgré tout, ces résultats uniforme sont issus de la machine seule. Lorsque l’humain travaille la composition, le résultat peut être plus qu’intéressant.
Vos données, un trésor
Pour fonctionner, l’IA avale effectivement des montagnes de données. Les vôtres, les miennes. Textes, photos, voix… Tout est aspiré, analysé, exploité. Qui contrôle alors ces informations ? Qui les protège ensuite ? Les fuites se multiplient. Les secrets, ce qui relève de l’intime deviennent des produits. On imagine tout de suite le danger dans un pays totalitaire qui récupèrerait des conversations, des prompts « douteux » ou encore des données ou questions liées à la santé… Tout cela sous couvert de gratuité alors que nous payons tous en acceptant de céder nos données « gratuitement ».
Le piège de la dépendance
Plus besoin de réfléchir ? L’IA écrit vos mails, vos rapports, vos posts. C’est pratique. Mais à force, on oublie. On perd petit à petit l’habitude de chercher, de douter, d’inventer. L’esprit s’engourdit. La paresse intellectuelle guette. Le risque est que, demain, plus personne ne sache écrire sans elle ? Dans la première version du site, j’ai lourdement utilisé Mistral AI AI et ChatGPT pour la rédaction des articles. On s’y habitue alors très vite : c’est rapide, il n’y a pas de faute au niveau de l’orthographe et du lexique … Mais le résultat est pourtant bien fade la plupart du temps. L’IA accélère tout. Trop. Elle nourrit alors l’impatience, l’immédiateté. Plus de temps pour la lenteur, la maturation, la réflexion ou la profondeur. Or, les grandes œuvres naissent du temps long, des essais, du râté, de l’imparfait.
L’illusion de la neutralité
“L’IA est objective”, clament ses défenseurs. C’est faux. Elle reproduit les biais de ses créateurs. Sexisme, racisme, stéréotypes… Tout y passe. Les algorithmes amplifient les inégalités. Ils excluent, marginalisent, sans même le vouloir.
Avec l’IA DeepSeek, pas question de vouloir créer des contenus critiquant le pouvoir politique chinois. Même chose pour ChatGPT ou Mistral AI qui renvoient un message du style « Je ne peux pas rédiger de texte visant à convaincre quiconque d’adopter une croyance religieuse ou spirituelle. Chacun est libre de ses convictions, et ces questions relèvent de l’intime, de la philosophie personnelle et de la réflexion individuelle. » – Mistral AI, lorsqu’on leur demande un avis sur une religion ou des arguments pour valoriser ou dénigrer une pratique religieuse.
L’impact écologique ignoré
Les data centers engloutissent de l’énergie. L’IA génère une empreinte carbone colossale. Pour quoi ? Des selfies retouchés, des articles génériques ou encore un starter pack qui fait sourire l’espace d’une seconde ? Chaque requête pèse. Chaque image synthétique coûte. Une requête via un prompt ChatGPT est l’équivalent de 15 à 20 requêtes Google pour une même demande. Avec la consommation en eau ou électricité et les émissions inhérentes…
Le flou juridique et éthique
Qui est responsable ? L’utilisateur ? Le développeur ? La machine ? Les lois peinent à suivre. Les recours sont rares. Les abus, nombreux. Vol de propriété intellectuelle, diffamation, plagiat… L’IA brouille largement les pistes.
La menace sur l’emploi
Traduction, design, journalisme, secrétariat… Des métiers menacés. L’IA remplace, optimise, supprime. Certains y voient même un progrès. D’autres, une catastrophe sociale. Des milliers de vies bouleversées sans bénéfice collectif. Si on parle du design, la génération d’image est bluffante via l’IA mais il faut bien reconnaître qu’il manque une petite touche d’originalité ou de folie, voire de génie qui rendent l’image souvent bien fade. Cela dit, pour nuancer, la collecte de données informatiques est bien mieux assurée par une IA que par l’humain.
L’IA générative séduit. Elle simplifie, impressionne, divertit. Pourtant, les zones d’ombres sont immenses. Perte de sens, désinformation, exploitation… Le jeu en vaut-il réellement la chandelle ? C’est vrai que la question se pose. Pourtant, l’IA se révèle, en fonction de son usage, d’une utilité pertinente.
À nous de choisir. Entre la facilité et la vigilance. Entre l’illusion et la réalité. A moins qu’un juste milieu soit possible …
Une révolution indéniable et bénéfique
Voici, d’après moi, pourquoi et comment utiliser l’IA générative. C’est à dire avec mesure, avec intelligence.
La traduction : un gain de temps et de précision
Les outils d’IA traduisent en un clin d’œil. Plus besoin de dictionnaires poussiéreux. Ni de longues heures de décryptage. Ils captent les nuances. Les expressions locales. Même les jeux de mots, parfois. Un atout pour les voyageurs. Les professionnels. Les rédacteurs de contenu. Et même les curieux. Comment faire pour comprendre un rapport en anglais ou en espagnol sans outil. c’est une réelle révolution pour le commun des mortels. Notamment en France où l’enseignement des langues produit des résultats calamiteux. À une condition : toujours relire. Toujours vérifier. Même si ce n’est pas toujours simple !
Un correcteur hors pair
Fautes d’orthographe ? Erreurs de syntaxe ? L’IA repère. Elle suggère et améliore. Même si elle ne remplace pas un relecteur humain de haut niveau, elle évite les erreurs grossières et reste plus que pertinente pour un usage classique. Un gain de temps. Une sécurité pour les textes importants. C’est une des utilisations que je fais de l’IA générative pour corriger les textes produits sur le site. Heureusement, mon 12 sur 20 au bac en français ne m’autorise pas à prétendre rivaliser avec un écrivain, même sans grand talent.
L’assistance au déplacement : un GPS intelligent
Voilà une autre utilisation de l’IA (pas nécessairement générative) dont on aurait bien du mal à se passer. Itinéraires optimisés. Alertes trafic en temps réel. L’IA guide et anticipe. Elle évite les bouchons, trouve les transports en commun. Un allié pour citadins pressés ou pour touristes perdus. Ecolos ou pas dans l’âme, difficile de se passer de ces outils. À condition de ne pas devenir esclave de ses suggestions car gardons toujours à l’esprit que l’IA n’est en rien la perfection …
L’accessibilité pour tous
Handicap visuel ? Dyslexie ? L’IA lit. Elle résume et adapte. Elle rend les textes accessibles et les déplacements plus simples. Un progrès social. Une avancée pour l’inclusion. À utiliser sans modération. Pour le bien commun.
L’apprentissage des langues
Besoin de pratiquer l’anglais ? L’espagnol ? L’IA converse, corrige et même encourage. Pas comme un professeur, c’est certain. Mais comme un partenaire patient. C’est alors un complément idéal pour progresser. Evidemment, à condition de ne pas se contenter de copier-coller.
L’efficacité professionnelle
Là aussi les critiques sont nombreuses. Pourtant, pour préparer des réunions, rédiger des E-mails ou encore faire un compte-rendu, l’IA est performante. Effectivement, elle structure et synthétise. Cela permet alors de libérer du temps. Pour aller à l’essentiel. Vue comme cela, elle est un atout, pas une menace. À condition de garder la main et de vérifier. Toujours.
L’innovation au service du quotidien
L’IA n’est pas qu’un gadget. Elle facilite la vie et simplifie des tâches parfois ingrates. C’est là que notre cerveau doit fonctionner. Si on la cantonne à l’utile, et pas au futile, tous ces algorithmes sont pertinents. Une utilisation raisonnée, pour ne pas dire réduite au seul utile et indispensable (car c’est ici une question de point de vue), n’est pas pire que bien d’autres usages polluants.
Minimiser son impact
Voici un classement des principaux usages de l’IA générative (comme Mistral AI ou ChatGPT) par ordre décroissant d’impact environnemental (consommation d’eau, émissions de GES, consommation d’électricité), en se basant sur les encore rares données et analyses récentes (estimations basées sur différentes sources comme celle-ci très intéressante):
Usage | Impact | Explications |
|---|---|---|
| Génération de vidéos | Très élevé | Modèles lourds, calculs complexes, stockage et rendu gourmands en ressources. |
| Génération d’images | Élevé | Chaque image nécessite des millions d’opérations, surtout en haute résolution. |
| Entraînement de modèles | Élevé | Phase la plus coûteuse : serveurs surchauffés, consommation massive d’eau et d’électricité. |
| Chat conversationnel long | Modéré à élevé | Plus la conversation est longue, plus l’énergie consommée augmente. |
| Traduction de textes longs | Modéré | Moins gourmand que la vidéo, mais dépend de la longueur et de la complexité du texte. |
| Correction de texte | Faible à modéré | Opérations légères, peu de calculs comparé à la génération d’images ou de vidéo. |
| Résumé de texte | Faible | Moins de données à traiter que pour une génération complète. |
| Réponse à des questions | Très faible | Requêtes courtes, peu de calculs. |
| Optimisation de trajets | Très faible | Calculs légers, peu de données échangées. |
Les modèles textuels (comme Le Chat) restent bien moins énergivores que de nombreux outils multimédias. L’impact dépend aussi de l’infrastructure : certains data centers utilisent des énergies renouvelables, d’autres non. Enfin, la consommation d’eau est surtout critique lors de l’entraînement (refroidissement des serveurs). Pour limiter son empreinte, il est indispensable de privilégier les usages textuels courts et évitez la génération d’images/vidéos inutiles.
L’IA générative n’est donc ni un monstre ni la panacée. Tout dépend de l’usage. Ainsi, pour traduire, corriger, se déplacer, elle se révèle précieuse. Parfois économe ou inclusive. Mais gare aux excès, aux abus. Car elle ne peut devenir l’alibi à la paresse. Elle doit être un levier, pas une échappatoire. Alors oui, je suis écolo dans l’âme et j’essaie même, à tout instant, de l’être dans la pratique. Ecolo et pourtant, j’utilise ces outils modernes avec raison et réflexion. Comme j’utilise ma voiture de manière intelligente en organisant au plus économe mes déplacements. Egalement comme j’essaie d’acheter le plus possible français et local sans pouvoir être exclusif du fait de ma situation en zone périurbaine. Alors oui les gars, on peut être écolo et utiliser l’IA générative.