Etre ou devenir écolo ne se décrète pas car, avant d’agir pour la planète, encore faut-il comprendre le monde qui nous entoure et pour y parvenir, lire, écouter, voir, se documenter sont certainement les points de départ.
Or, à l’ère du numérique, l’information écologique se perd dans la multitude des informations et des écrans. Ainsi, la désinformation devient virale, la connaissance, elle, se dilue, se perd et se voit remise en cause. Le meilleur moyen de devenir vraiment écolo reste donc de se documenter, de croiser les sources et de quitter les bulles numériques qui endorment et embrouillent.
Réapprendre à penser ensemble
Nous passons plusieurs heures par jour devant les écrans. Une vie entière happée par les notifications et les vidéos truquées à la chaîne. Ainsi, les algorithmes suscitent et orientent les émotions. Ils façonnent aussi des croyances ». Ainsi naît un monde du faux : une réalité fabriquée par les désirs, les espoirs et les colères. Et plus on s’indigne, plus la machine alimente. Mais derrière cette logique se cache une guerre réelle : celle du temps d’attention. Car l’attention, aujourd’hui, c’est de l’or. L’écologie exige l’inverse : du recul, du doute, du discernement.
Les réseaux nous enferment dans des mondes parallèles. Chacun y voit « sa » vérité. Les anthropologues comme Philippe Descola (Par-delà nature et culture) rappellent pourtant que nos représentations du monde ne sont pas universelles. Elles dépendent des cultures, des imaginaires et des récits collectifs. Quand ces récits se fragmentent, c’est la société qui se délite.
La défiance est totale, les marchands de doute prospèrent. Les fake news se multiplient. Et l’action climatique s’enlise dans le brouillard des opinions sans fondement. Pourtant, lire, écouter, regarder autrement change tout. Alain Damasio, dans Les Furtifs, nous montre qu’un autre rapport au monde est possible : sensible, collectif et poétique. Ses romans de science-fiction nous font réfléchir sur ce que nous sommes, sur notre relation au vivant.
La culture comme base et antidote
De la bande dessinée à la fiction, les œuvres éclairent ce que les réseaux obscurcissent.
- La BD Le Monde sans fin de Jean-Marc Jancovici et Christophe Blain (Dargaud, 2021) est ainsi devenue le best-seller écologique de la décennie. Plus de 1 million d’exemplaires vendus. Elle explique, avec humour, le lien entre énergie et climat. A lire et à parcourir avec plaisir.
- Côté films, Adam McKay, avec Don’t Look Up (Netflix, 2021), dénonce la folie du déni collectif. « The Day After Tomorrow » de Roland Emmerich critique la propagande climatique hollywoodienne et une réflexion utile sur la manipulation des émotions via la science.
- Mais aussi Coline Serreau, dès 1996, dans La Belle Verte, imaginait déjà une humanité déconnectée de la nature… et de ses écrans.
Les documentaires Demain et Après-demain de Cyril Dion donnent des clés d’action concrètes.
Tandis que son Petit manuel de résistance contemporaine (Actes Sud, 2018) montre comment les récits changent le réel.
Côté audio, les podcasts deviennent des repères indispensables, à consommer sans modération :
- La Terre au Carré (France Inter) : le rendez-vous quotidien de Mathieu Vidard, riche en débats scientifiques.
- Time to Shift, produit par The Shift Project : 10 minutes de vulgarisation claire sur la transition énergétique.
- Le GreenLetter Club(Maxime Thuillez) : des épisodes fouillés, complets avec des invités toujours pertinents. Une obligation.
- De cause à effet, (Aurélie Luneau) : une émission qui fait place aux débats majeurs en matière d’environnement.
- Echange Climatique : un podcast, une chaîne Youtube sur l’environnement, le climat, la technologie …
- Chaleur Humaine (Nabil Wakim) : des débats, des interrogations, des invités. Tout pour réfléchir et s’informer
Aussi, la plateforme IMAGO TV propose par exemple des centaines de vidéos et de films engagés en libre accès.
Nos cerveaux sont programmés pour rechercher le plaisir immédiat. Un réflexe utile à la survie jadis, mais destructeur aujourd’hui. Cette mécanique explique notre difficulté à changer. Or, l’écologie ne peut se réduire à des gestes isolés. Elle exige un changement collectif, culturel et mental. Lire, voir ou écouter, c’est donc résister. Comprendre, c’est agir. Chaque ouvrage, chaque documentaire, chaque contact avec la nature, chaque podcast devient alors un antidote aux fake news et à la résignation.
Devenir écolo, ce n’est pas donc pas seulement accumuler des écogestes ni liker des posts inspirants. C’est surtout comprendre le monde, dans sa complexité, sa beauté, et sa finitude. C’est apprendre à douter, à lire, à croiser les savoirs et les émotions. Ouvrir « Le Monde sans fin« , lire « L’Hypothèse K« , regarder « Demain« , écoutez « La Terre au Carré« , autant de gestes qui permettent de se construire une culture et un esprit critique. En réalité, c’est vraiment ça « être écolo ».