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Face à l’urgence climatique, les politiques publiques seules ne suffisent plus et il faut désormais mobiliser la société civile pour aller vers une transition écologique réelle et efficace.
C’est le message du Conseil économique, social et environnemental – « Faire de la société civile l’accélérateur de la transition écologique ».
L’enjeu est clair : sans justice sociale, sans participation citoyenne et sans éducation environnementale, la transition restera une promesse inachevée.
Une révolution sociale avant d’être technique
Le CESE définit la transition écologique comme « une transformation systémique qui oriente vers un développement durable ». Elle ne se résume donc pas à une substitution d’énergies. Une véritable révolution des modes de vie est cruciale. Il n’y aura de réelle transition écologique sans un accompagnement social de la part de l’État. Cela nécessite aussi des milliers d’initiatives locales. »
L’objectif est double :
- réduire les inégalités,
- rendre chaque citoyen acteur du changement.
Renforcer la démocratie participative devient alors un passage obligé. La coopération entre associations, entreprises et collectivités est aussi indispensable. Ainsi, le CESE regroupe 80 organisations nationales qui cherchent ensemble des compromis souvent impossibles ailleurs.
La justice climatique au cœur de l’action
Face au réchauffement climatique, nous ne sommes pas égaux. 5 millions de ménages sont concernés. Des personnes qui vivent en précarité énergétique en France. Pour le CESE, la transition ne peut ignorer cette injustice. Il propose une fiscalité carbone progressive, évitant de pénaliser les ménages dépendants de la voiture. L’institution recommande aussi de refonder la couverture assurantielle. Face à la multiplication des catastrophes naturelles, cette couverture se fragilise. Chaque année, les inondations démontrent la vulnérabilité croissante de nombreux territoires. Le CESE plaide pour une justice climatique. Une justice qui combine équité, efficacité et transparence. Une action juste encourage la coopération. Alors qu’une mesure perçue comme punitive nourrit la défiance.
Une responsabilité partagée
La société civile s’organise, et ceci à tous les niveaux :
- Les TPE-PME, ce sont près de 3,8 millions d’entreprises. Elles doivent être accompagnées dans leur passage à la neutralité carbone.
- La commande publique représente 200 milliards d’euros par an. Elle doit devenir un levier écologique fort. Le CESE recommande qu’au moins 30 % des marchés publics intègrent un critère environnemental.
- Les territoires, via les contrats de transition écologique, expérimentent de nouvelles synergies. Des synergies locales entre État, collectivités et acteurs économiques.
La responsabilité sociétale des entreprises joue aussi un rôle central. Elle permet d’aligner la création de valeur sur la préservation des ressources naturelles.
Financer et former pour transformer durablement
La réussite de la transition dépend de financements innovants.
Le CESE distingue trois priorités d’investissement :
- La formation et l’accompagnement au changement,
- Le développement technologique,
- L’entretien des infrastructures existantes.
Aujourd’hui, les activités vertes emploient déjà 5,1 millions de personnes. C’est à dire environ 19 % de la population active. La rénovation énergétique des bâtiments pourrait créer 75 000 emplois supplémentaires. Mais cela exige une formation massive : des compétences nouvelles, circulaires et solidaires. L’État peut aussi rendre la transition économiquement attractive, par la fiscalité écologique, les aides à l’investissement et la protection des entreprises engagées contre le dumping social.
Éducation et démocratie écologique
Former, c’est préparer la société à durer. Il est plus que vital de mettre en place une éducation à l’environnement et au développement durable tout au long de la vie. L’objectif est double :
- éveiller une conscience écologique dès l’école,
- accompagner les adultes dans la transformation de leurs métiers.
Le Conseil propose également de créer un “chief scientist” auprès du président de la République. Son but serait de renforcer le lien entre science, politique et société. Car il faut, insiste le rapport, organiser le dialogue entre chercheurs, citoyens et entreprises. Seule cette collaboration permettra de co-construire des solutions crédibles.
« Face à l’urgence climatique, les « petits pas » ont fait leur temps : une politique résolue et radicale constitue le seul choix possible.», résume le CESE. Les émissions mondiales doivent baisser de 45 % d’ici 2030. Cette bataille ne se gagnera ni par la contrainte ni par la technologie seule. Mais par la convergence des énergies humaines. La société civile n’est pas un spectateur, elle est le moteur. En soutenant la justice sociale, la participation citoyenne et la formation écologique, elle peut donner à la transition sa véritable dimension : celle d’un projet collectif, démocratique et durable.