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Le bon sens, la pensée écologique sont bien souvent oubliés au profit de la logique politique et des enjeux économiques d’une minorité …
Dans une région qui suffoque chaque été sous plus de 40 °C, où la Méditerranée se réchauffe deux fois plus vite que la moyenne mondiale, la décision de construire une patinoire olympique à Nice relève alors de l’absurde. À l’heure où les familles peinent à se loger et où chaque euro public compte, la ville de Nice lance un chantier à près de 140 millions d’euros, pour quinze jours d’épreuves lors des Jeux d’hiver 2030. Une patinoire neuve, en lieu et place de logements sociaux prévus par le Plan local d’urbanisme. C’est un symbole saisissant du fossé entre les discours sur la sobriété, le soutien aux plus faibles et la réalité politique, économique locale.
Un projet anachronique
Nice n’est pas Annecy, ni Oslo. Ici, la mer monte. Les sols des régions méditerranénne s’assèchent. La canicule dure un peu plus longtemps chaque année. Construire une patinoire dans ce contexte devient une absurdité. C’est nier la réalité du climat méditerranéen, l’un des plus vulnérables d’Europe selon le GIEC. Les épisodes de chaleur record se répètent. Les températures estivales de 40 °C sont quasiment devenues la norme dans le Var. Des records de températures nocturnes battus chaque été. La demande énergétique, elle, est en hausse pour le refroidissement. Et pourtant, on projète de construire … deux pistes de glace ! Tout cela dans une enceinte de 10 000 places, climatisée, refroidie … énergivore.
À l’heure où la France appelle à la sobriété énergétique, ce chantier ressemble à une provocation. Une folie budgétaire, c’est certain. Une folie, oui, quand on sait qu’il existe déjà une patinoire olympique à Marseille, parfaitement fonctionnelle.
Des logements sacrifiés
Sur le terrain visé pour l’installation de la patinoire, des logements sociaux étaient prévus. Le Plan local d’urbanisme métropolitain l’avait acté. Plusieurs centaines d’appartements devaient répondre à la crise du logement niçoise. Région en tension avec plus de 10 000 ménages qui attendent un logement dans le parc social.
Cette volte-face symbolise une hiérarchie des priorités renversée. On privilégie l’image à l’humain, le prestige à la justice sociale. Pendant que les Niçois étouffent sous les loyers et la chaleur, on leur demande de payer pour une infrastructure vouée à rester vide après les Jeux. Une patinoire géante pour quelques compétitions, et un désert de sens après la flamme olympique.
Une déconnexion totale
La mairie vante une patinoire durable et réversible. Qui peut y croire quand sa fonction même contredit la géographie et la science ? Toiture végétalisée ou pas, ventilation naturelle ou pas, l’empreinte énergétique restera considérable. Les opposants rappellent que les impôts ont augmenté à Nice. Et on va demander aux Niçois de financer un équipement pour 15 jours de Jeux. Alors que cet équipement existe déjà dans la région. Pendant ce temps, les clubs locaux souffrent. Les piscines ferment par manque de budget, et les associations sportives tirent la langue.
Les élus qui défendent ce projet n’entendent plus le pays qu’ils administrent. Ils continuent de rêver de prestige olympique pendant que les forêts s’assèchent partout sur le pourtour méditerranéen et que la sécheresse vide les nappes phréatiques. C’est cette déconnexion qu’il faut sanctionner dans les urnes.
Une patinoire de 138 millions d’euros dans une métropole méditerranéenne menacée par la sécheresse ? C’est un symbole d’époque, où les dirigeants continuent de penser croissance et prestige, quand la réalité impose sobriété et adaptation. Alors oui, il faut promouvoir le sport. Mais pas au prix de la raison. Et si les bulletins de vote peuvent, un jour, remettre un peu de bon sens dans la politique locale, alors peut-être cessera-t-on d’imaginer ce genre de projet néfaste et injustifié.