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France Info a révélé dimanche 21 septembre une étude sur les quantités de pesticides mesurées dans les nuages.
Tout va bien dans notre monde : sol, eau, air … maintenant les nuages ! Cette étude scientifique publiée dans la revue Environmental Science and Technology intitulée « Les nuages sont-ils un réservoir de pesticides ? ».
Les nuages contaminés
Des scientifiques de l’université de Clermont-Ferrand ont réalisé leurs analyses à 1 500 mètres d’altitude, dans le Puy de Dôme. Ils ont ainsi collecté six échantillons de nuages en 2023 et 2024. Les résultats sont édifiants. Tous contenaient des pesticides. Pas moins de 32 composés différents identifiés ! On parle ici d’herbicides, fongicides, insecticides… Mais aussi des additifs et des produits de dégradation. Dans la moitié des échantillons, les concentrations dépassaient la limite européenne. Rappelons que cette limite est fixée pour l’eau potable : 0,5 µg/L.
Des pesticides venus d’ailleurs
Les chercheurs ont détecté des substances interdites depuis des années en France. Leur présence confirme un transport atmosphérique sur de longues distances. Ces produits, une fois pulvérisés sur les sols, s’évaporent. Ils s’accrochent ensuite aux masses d’air, voyagent avec les vents et se redéposent loin des champs. Ce phénomène, parfois appelé « effet sauterelle », explique pourquoi on retrouve des pesticides jusque dans des régions préservées, comme les pôles ou les montagnes.
Des chiffres inquiétants
En extrapolant leurs mesures, les scientifiques estiment que la masse totale de pesticides contenus dans les nuages au-dessus de la France varie entre 6,4 et 139 tonnes. Cette pollution atmosphérique invisible ne concerne donc pas seulement les zones agricoles. Elle touche aussi des territoires éloignés, accentuant la contamination généralisée de l’eau.
Une pollution insidieuse
L’étude montre aussi que certains pesticides se transforment dans l’atmosphère. Ils produisent des composés encore actifs, qui renforcent le problème. Ainsi, cette pollution aérienne insoupçonnée pourrait contribuer à expliquer pourquoi tant de rivières françaises présentent aujourd’hui des traces persistantes de pesticides.
Les nuages ne sont donc pas que de la vapeur d’eau : ils deviennent aussi un réservoir de produits chimiques. La découverte interpelle et rappelle l’urgence d’un débat sur l’usage massif des pesticides. Car même loin des champs, même au-dessus des montagnes, il peut pleuvoir des pesticides.