Sommaire
Le rapport « L’injuste prix de notre alimentation » met en évidence les conséquences de notre modèle agricole et alimentaire sur la santé, la société et la planète.
Le Secours Catholique-Caritas France, les Civam, Solidarité Paysans et la Fédération Française des Diabétiques ont préparé ce document. Leur enquête, menée avec l’appui du Basic, révèle l’ampleur du coût réel de notre alimentation. Chiffres en main, elles démontrent que derrière le prix affiché en caisse, se dissimulent 67 milliards d’euros de dépenses collectives. Dont un gros tiers uniquement pour réparer les dégâts sociaux, sanitaires et environnementaux.
Ces organisations montrent que la faim, la pauvreté des paysans, les maladies chroniques et la crise écologique sont liées.
Un système à bout de souffle
Quelques chiffres parlent d’eux-mêmes :
- 8 millions de Français vivent en insécurité alimentaire.
- + 160 % en vingt ans de cas de diabète.
- 18 % des agriculteurs sous le seuil de pauvreté.
- 30 % des oiseaux des champs disparus en quinze ans.
À ces drames humains et écologiques s’ajoutent des coûts cachés :
- 12,3 milliards d’euros pour les maladies liées à la mauvaise alimentation.
- 3,4 milliards pour compenser les bas salaires agricoles.
- 3,4 milliards pour tenter de réparer les atteintes à l’environnement.
Ces chiffres révèlent un modèle alimentaire qui détruit autant qu’il nourrit. Sans changement profond, la facture humaine, sociale et écologique ne cessera d’augmenter.
Des choix politiques
Notre alimentation coûte collectivement 67 milliards d’euros :
- 48,3 milliards de soutiens publics au système agricole et alimentaire.
- 19 milliards de réparations et compensations.
Or, plus de 80 % de ces aides entretiennent un modèle productiviste fondé sur les volumes et la standardisation, au détriment de la santé, de la justice sociale et de la biodiversité.
Pour un nouveau contrat social
Les associations plaident pour un véritable droit à l’alimentation. Leurs recommandations reposent sur quatre piliers :
- Démocratiser les décisions alimentaires et inscrire ce droit dans la Constitution.
- Garantir l’accessibilité financière avec des cartes alimentaires ou des caisses communes.
- Massifier la transition agroécologique et soutenir des filières locales durables.
- Réguler le commerce international pour protéger santé, environnement et droits sociaux.
Ces propositions dessinent une feuille de route ambitieuse. Elles montrent qu’un autre système alimentaire est possible, plus juste pour les humains et respectueux du vivant.
Le rapport ne se contente pas de dénoncer : il ouvre des perspectives. Il rappelle que l’alimentation n’est pas un simple acte de consommation, mais un enjeu collectif. En redonnant sens au prix des aliments, nous pouvons concilier dignité, santé, justice sociale et protection du vivant. Après la guerre, la France a su bâtir un contrat social pour nourrir sa population. Elle saura peut-être s’engager aujourd’hui dans un nouveau contrat pour bien nourrir, durablement et équitablement.